Juillet | Faire face aux pénuries?

Electricité, eau, énergies

Faire face aux pénuries à venir?

Juillet 2030: nous imaginions des coupures d’alimentation électrique liées aux défaillances des centrales nucléaires. Eté 2018: nous assistons aux arrêts de plusieurs centrales, à divers épisodes de black out et de pénuries d’eau liées aux fortes chaleurs. Fiction ou réalité? La diversité des situations ne peut occulter des menaces réelles sur nos approvisionnements en électricité, en eau et en énergies.


Les canicules révèlent des fragilités de l’approvisionnement électrique.
Certes, la capacité globale n’est pas en cause aujourd’hui en France, car même si l’usage des climatisateurs a pu produire des records de consommation d’été en juillet, celle-ci reste bien inférieure à la consommation d’hiver. Mais on découvre, avec les températures records, des fragilités insoupçonnées auparavant: au niveau du réseau d’une part, des centrales nucléaires d’autre part, avec des tensions nouvelles sur les cours d’eau. Concrètement, la température atteint de tels sommets depuis 2 ans, qu’elle provoque la défaillance de certains équipements, comme les appareils de mesure, provoquant des anomalies sur les transformateurs électriques. C’est ce qui explique les « blackouts » expérimentés dans plusieurs villes de France cet été. D’autre part, l’opérateur a du arrêter quatre centrales nucléaires, sur les 58 que compte la France, du fait de la température trop élevée des cours d’eau chargés de refroidir les réacteurs, notamment sur la Garonne. Ces réacteurs nécessitent en effet des prélèvements importants, et ne peuvent rejeter des eaux chaudes et des substances chimiques sans affecter la faune et la flore de ces écosystèmes. Si on approchait de ce que la réglementation nucléaire appelle « le référentiel grand chaud », à savoir des températures supérieures à 45°C pendant plusieurs jours, il faudrait arrêter la plupart des réacteurs installés au fil de l’eau – quatorze réacteurs en bord du Rhone par exemple. L’assèchement de certains cours d’eau peut également affecter les centrales, et pour celles qui sont installées au bord de la mer comme en Suède, il faut se méfier de la prolifération des méduses! Enfin, certains craignent que les groupes électrogènes de secours, qui sont essentiels à la sûreté des centrales, ne voient leur fonctionnement altéré par de fortes températures extérieures. Pour compléter le tableau, on peut noter que es énergies renouvelables ne sont pas non plus très efficaces en période de forte chaleur, que ce soient les éoliennes ou le photovoltaïque – les panneaux détestent la chaleur, et chaque degré supplémentaire au-delà de 25 °C leur fait perdre 0,5 % de rendement. 
Ainsi, même si la France ne connaît pas une tension sur la production semblable à celle qui peut affecter l’Afrique du Sud ou même certaines métropoles américaines comme New York, son  approvisionnement est loin d’être insensible au réchauffement climatique.

On se dirige aussi vers une importante pénurie d’eau. Le débit moyen des cours d’eau devrait diminuer, du fait du réchauffement climatique, de 10% à 40% à horizon 2050-2070, tandis que la demande urbaine aura augmenté de 80%. Cela  promet une multiplication des conflits d’usage: agricole, domestique, industriel, énergétique, etc. En cet été 2019, des villages de Corrèze ont du être alimentés par camion citerne, et pas moins de 86 départements ont été en restriction, dont 42 en crise. La BBC a publié une liste de onze métropoles – Sao Paulo, Bangalore, Pékin, Le Caire, Jakarta, Moscou, Istanbul, Mexico, Londres, Tokyo et Miami – qui connaissent des problèmes récurrents d’alimentation en eau. Selon les chercheurs du World Resources Institute, environ 470 millions de personnes seront en proie à un manque d’eau dès 2030.  Un habitant sur quatre dans le monde est proche du « jour zéro », lors duquel plus aucune eau ne sortira du robinet.

Pour compléter ce tableau peu réjouissant, il faut encore tenir compte du pic pétrolier à venir. Depuis 1985, l’humanité consomme chaque année plus de pétrole conventionnel qu’elle n’en découvre. Le pic de production du pétrole conventionnel a été atteint en 2008 selon l’Agence Internationale de l’Énergie, et seule l’exploitation du gaz de schiste, catastrophique pour l’environnement, a retardé le pic global à une échéance estimée à 2025 selon la même agence. Selon un expert du FMI, pour une baisse de la production de pétrole de 2% par an, les modèles peuvent conclure à une hausse de prix du pétrole de l’ordre de 25% sur la même période, et même de 800% à 1500% sur 20 ans ! On peut se réjouir, du point de vue du climat, de la perspective de la fin du pétrole, mais il faut aussi regarder une réalité en face: la transition énergétique n’a pas lieu, et il est probable qu’elle ne soit jamais possible aux niveaux de consommation énergétique, et de consommation tout court, actuels. 

Canicules & énergie nucléaire

Coupures d'électricité, en France & ailleurs

Sécheresses & pénuries d'eau

Le pic pétrolier en question

Transition énergétique?

Qu'est-ce qu'on peut faire?

Des actions qui comptent, si nous sommes des millions à les faire

Face à l’ampleur des défis, il est difficile de croire que nos « petits gestes » peuvent faire une différence significative. Relevant d’un sentiment d’urgence, ils doivent exprimer aux yeux de tous notre détermination à faire ce qu’il faut pour préserver le vivant, et participer d’une révolution culturelle préalable à une réorganisation fondamentale et salvatrice de nos sociétés, dans laquelle la croissance du pouvoir d’achat ne serait plus l’alpha et l’omega de la politque. Réduire nos consommations, préserver nos énergies, relocaliser l’économie, éliminer le superflu, se concentrer sur l’essentiel, réinventer des bonheurs loin des spirales de la consommation, et construire un avenir plus résilient pour nos enfants.

Construisons un avenir désirable. Partagez ces infos avec vos amis !

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut